« A la poursuite de demain » de Walt Disney Pictures prend vie avec la caméra F55 de Sony

L’utilisation de la caméra F55, une expérience de travail gratifiante décrite par Claudio Miranda, ASC, directeur de la photographie du film A la poursuite de demain. Interview de Jon Fauer, ASC.

Un duo dynamique

L’année dernière, nous nous sommes entretenus avec Claudio Miranda, ASC, sur son travail en tant que directeur de la photographie pour le film Oblivion. Ce film était l’un des premiers à être tourné avec la caméra F65 de Sony. Nous avons rencontré Claudio récemment au sujet d’A la poursuite de demain, réalisé par Brad Bird, avec George Clooney et Britt Robertson. Les images ont été tournées à plusieurs endroits au Canada, aux Etats-Unis et en Espagne. Cette production Walt Disney Pictures est sortie sur les écrans en 2015.

Jon Fauer : Claudio, que pouvez-vous nous dire à propos de cette production ?

Claudio Miranda : je ne peux pas vraiment en dire trop sur A la poursuite de demain pour l’instant. Nous avons tourné avec les caméras F65 et F55 de Sony.

C’est ce qui est intéressant dans l’histoire. Comment avez-vous utilisé les caméras F65 et F55 ensemble ? Y avait-il une différence au niveau du rendu, etc. ?

Pour Oblivion, nous avons utilisé la caméra F65 de Sony comme caméra principale, et des modèles RED pour les caméras secondaires. Mais pour A la poursuite de demain, nous avons utilisé des caméras F55 pour accéder aux espaces restreints ou lorsqu’un boîtier léger était requis. Elles complétaient donc parfaitement la caméra F65.

La F65 a donc été votre caméra « A » et les F55 ont servi de caméras d’appoint ?

Oui. Les caméras F55 ont servi en situation de tournage à la volée, en mode Steadicam, en configuration de montage, pour les rigs et les scènes d’action.

Quels étaient les différences principales entre les caméras ?

Bien sûr, la F65 reste la plus performante. Elle possède un obturateur mécanique. La F65 dispose d’une plus grande sélection de filtres à densité neutre internes.

Flexibilité et capacité d'adaptation

 Avez-vous constaté une différence en termes de plage dynamique, de zones sombres et de luminosité ?

La F65 dispose d’une plus grande plage dynamique. Elle reste un modèle plus puissant. Un vrai bolide. La F65 offre plus de latitude que la F55 de par sa puissance exceptionnelle. Mais pour les scènes d’action, la F55 se combine parfaitement avec la F65. Ça ne me gêne pas du tout d’utiliser la F55. En fait, je l’ai souvent utilisée. En termes de format, elle n’est pas mal du tout. J’adore les filtres à densité neutre internes. Son format est extra. La lecture et l’enregistrement sont pratiques. De temps à autre, le réalisateur souhaitait tourner des séquences d’action à 20 ou 22 ips pour accélérer un peu le rythme. Au début, seule la caméra F65 le permettait. Ensuite, au fur et à mesure des mises à jour, la F55 offre les mêmes possibilités. Nous avons appris à maîtriser la caméra au fil de son évolution. Un peu comme avec la F65 sur le film Oblivion. Au début, sur Oblivion, la caméra F65 offrait des cadences de 24, 30 ou 60 ips, mais pas 48 ips. A mi-chemin de la réalisation, le logiciel de la caméra a été mis à jour pour couvrir des fréquences de 1 à 60 ips, ce que souhaitait vraiment le réalisateur. Et aujourd’hui, la F65 atteint 120 ips. Et la F55 peut atteindre 240 ips en RAW 2K et 60 ips en RAW 4K. La F55 est une petite caméra incroyable qui assure. Elle est dotée d’un superbe espace colorimétrique ouvert. Elle est également simple d’utilisation.

Je suppose que vous avez effectué enregistré au format RAW sur les deux caméras ?

Nous avons opté pour l’enregistrement RAW sur les deux caméras. Au début, pour tous mes tests de caméra, j’ai utilisé la F55. Pour les tests de caméra simples et la recherche des lieux de tournage, je me suis tourné directement vers les cartes SxS. Je n’avais même pas de caméramans pour certains des tests. J’ai choisi un petit objectif zoom et j’ai testé des éclairages fonctionnels par moi-même. C’était très simple. Pendant la recherche des lieux de tournage et la pré-production, si quelqu’un demandait ce que ça donnerait sur fond bleu, je n’avais qu’à sortir la caméra et intégrer un fond bleu. C’était aussi simple que cela.

Quelles cadences avez-vous principalement utilisées avec ces caméras ?

Surtout la 24p.

Aviez-vous le nouveau viseur électronique pour la F65 cette fois ? Je crois me souvenir que vous n’aviez pas aimé le viseur sur Oblivion ?

Oui, nous avions le nouveau viseur électronique. Et nous avons utilisé le même viseur OLED sur la F65 et la F55. Ces nouveaux modèles étaient formidables.

Donc vous avez pu voir la mise au point et tout le reste ?

Absolument. C’était beaucoup mieux.

Quels objectifs avez-vous utilisés sur ce programme ?

Nous avons à nouveau utilisé les objectifs ARRI/ZEISS Master Prime et les zooms Fujinon Premier, comme pour Oblivion. Nous avons fait quelques tests intéressants au début. Brad Bird, le réalisateur, voulait tourner en double format. Il voulait tourner au format 4:3, ce qui aurait pu initialement en faire une production ARRI Alexa. Et ensuite, pour une autre partie de l’histoire, il voulait tourner au format anamorphique 2.39:1. Pour y parvenir, nous avons testé la caméra F65 de Sony avec les anamorphoseurs Hawk 1.3x. Si vous faites pivoter à 90 degrés, cela donne un format 4:3. Et si vous faites pivoter encore jusqu’à la position d’origine, vous obtenez le format 2.39:1. Cela aurait été intéressant : dans une partie de l’histoire, vous auriez eu des taches lumineuses verticales et dans l’autre partie, des taches lumineuses horizontales. Ces tests ont été très intéressants, mais nous n’avons pas opté pour ce schéma.

Vous avez travaillé avec le même DIT, Alex Carr ?

Oui, Alex était avec moi. Et l’assistant caméraman était Dan Ming, qui a travaillé avec moi sur L’Odyssée de Pi.

Et comment avez-vous géré le travail sur le site du tournage (on-set), près du lieu de tournage (near-set) et les rushes ?

A la fin de la journée, Alex et moi examinions les images brutes du jour.

La F55 est une petite caméra incroyable qui assure. Elle est dotée d'un superbe espace colorimétrique ouvert. Elle est également simple d'utilisation.

Claudio Miranda, ASC
Tomorrowland Cinematographer

Contrôle et créativité à la volée

 Avez-vous utilisé des styles différents pour chaque prise ou appliqué un éclairage uniforme ?

Nous avons principalement utilisé un seul éclairage. Parfois, j’adaptais légèrement le style, ce qui est très facile à réaliser sur la F65. C’est intéressant. Alex pouvait accéder aux roues chromatiques sur la caméra, et nous pouvions apporter de légères corrections à chaque caméra à la volée. Alex est doué pour ça. Il y a eu quelques nouvelles mises à jour qui ont donné davantage de contrôle à Alex.

Et pour la visualisation des rushes avec le réalisateur et la production, comment avez-vous procédé ?

Nous utilisions un cinéma pour visualiser les rushes. De plus, j’utilise un grand moniteur que je regarde en permanence. En fait mon moniteur me sert de visionneuse sur site pour les rushes. Je le connais bien. A la fin de chaque journée, nous passons entre quinze minutes et une demi-heure à étalonner les rushes et ensuite, Alex crée un fichier de styles qu’il envoie sur une clé USB à l’équipe de traitement des rushes.

Quel moniteur avez-vous utilisé sur le tournage ?

Le même que précédemment : Un moniteur BVM OLED 25 pouces de Sony. Etant donné que la F65 ne produit pas de contenu 4K pour la visualisation en direct, je vois ce qui m’intéresse en HD.

Photographe unité/images : Kimberly French.
Interview source initialement publiée dans Film & Digital Times.

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